L’échelle de Richter est toujours qualifiée « d’ouverte » par les journalistes. «
Qu’il y ait ou non une limite supérieure à la violence d’un séisme est incertain, bien que Gutenberg et Richter (1959) aient fourni des arguments en faveur d’une limite », (Howell, Tazieff, 1969, p. 67). L’échelle de magnitude de Richter enregistre l’ampleur des ondes secondaires (S) qui cisaillent les roches et provoquent la plupart des dégâts à la surface. Les ondes primaires se propagent dans tous les milieux (y compris les océans et l’atmosphère) et produisent le grondement sourd caractéristique de nombreux séismes.
D'ailleurs, à propos du bruit des séismes, pour l'anecdote, j'ai relevé le fait que Alexis Perrey effectue, en se basant sur les sons émis, des distinctions entre séismes lorsqu’il affirme (1843, p. 615-616) que «
les secousses sont tantôt précédées, tantôt accompagnées et tantôt suivies de bruits, de détonations, de sifflements, soit dans les entrailles du globe, soit dans l’atmosphère. Ces bruits présentent même des singularités bien remarquables. Souvent aussi les commotions se font dans un profond silence ; (…). Durant les secousses ressenties dans les vallées du Félis et du Pô, du 2 avril au 18 mai 1808, le bruit, quand il a existé, a toujours précédé l’ébranlement des édifices qui alors a été considérable, bien que le mouvement souterrain fût moins fort. Aussi les habitants redoutaient-ils plus les secousses avec détonation que celles qui avaient lieu sans bruit ».
Pour mesurer les effets d’un séisme, plutôt que la magnititude ou le bruit, c’est une échelle d’intensité des effets à la surface qui est retenue ; un rappel s’impose : la plus couramment utilisée en remplacement de l’échelle de Rossi-Forel (qui était graduée sur dix degrés) est celle dite de Mercalli, établie par Guiseppe Mercalli (1850-1914) en 1902, modifiée en 1931 et 1956, graduée de I à XII. Une autre, très comparable de 1964, dite de M.S.K. (car conçue par Medvedev, Sponheuer et Karnik), également graduée sur douze degrés (voir Cara, 1989, p. 49, d’après Mayer Rosa, 1986), était très répandue en Europe, mais est rarement présentée dans son exhaustivité. Cette échelle a elle aussi été modifiée pour devenir l’échelle EMS 98 (European Macroseismic 1998) qui constitue désormais, depuis janvier 2000 en France, la grille des estimations officielles des intensités, pour chaque lieu concerné.
Bibliographie:
- HOWELL Benjamin Franklin, TAZIEFF Haroun (pour les notes complémentaires),
Introduction à la géophysique, 1969, Paris, Masson, 398 p.
- PERREY Alexis, « Nouvelles recherches sur les tremblements de terre ressentis en Europe et dans les parties adjacentes de l’Afrique et de l’Asie, de 1801 à juin 1843 »,
Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, Institut de France, tome XVII, 608-625.
- CARA Michel,
Géophysique, 1989, Paris, Dunod-Bordas, Géosciences, 186 p.